Popularisation du qigong

La dimension spirituelle de ces anciennes pratiques, qualifiée de « superstition féodale », fut entièrement rejetée par l’idéologie communiste. Dès que le communisme fut au pouvoir, ces méthodes ne se transmirent alors publiquement que sous la forme d’exercices de santé, qu’on appela de manière générique « qigong », exercice du souffle. Les hauts-responsables du Parti Communiste pouvaient s’y initier dans la villégiature de Beidaihe, et des cliniques spécialisées furent ouvertes à Pékin et à Shanghai dans des institutions médicales renommées – le qigong, comme l’acupuncture, ouvrait la possibilité de guérir des maladies grâce à une médecine chinoise et « populaire » plutôt que la médecine occidentale et « bourgeoise ».

Progressivement, ces méthodes furent perçues comme une véritable révolution scientifique : en plus de procurer santé et longévité, ces techniques semblaient pouvoir faire éclore les facultés latentes des hommes et prouver la véracité des prouesses des héros légendaires. Avec la définition du « Qi externe » comme substance matérielle par des scientifiques de renom comme le physicien Qian Xuesen, le qigong se validait aux yeux de l’opinion publique – et du gouvernement – comme une démarche matérialiste. Débarrassé de l’étiquette de superstition, il pouvait alors être promu comme la quintessence de la culture chinoise, un domaine d’indéniable supériorité sur l’Occident.

Pour éviter les dérives mercantiles, en 1987, un comité ministériel fut formé et chargé de réglementer les associations de qigong. A partir de ce moment, le titre de « maître de qigong » devint un titre officiellement donné à quelques rares professeurs dont la compétence et la droiture étaient établies. Li Hongzhi, l’homme qui a transmis le Falun Gong, fut l’un d’eux.